« Carnet de santé de la France 2026 » : les Français veulent préserver leur modèle social

Carnet de santé 2026 - Mutualité Française

Le carnet de santé de la Mutualité Française compile des données statistiques objectives, issues de sources institutionnelles, et des données sur le ressenti des Français.

Accès aux soins, financement, prévention, santé mentale, vieillissement… La quatrième édition du « Carnet de santé de la France » met en lumière les préoccupations des Français face à l’avenir du système de santé. Une attente se dessine nettement : préserver leur modèle de protection sociale tout en le faisant évoluer.

La quatrième édition du « Carnet de santé de la France », publiée par la Mutualité Française, livre un diagnostic sans appel. Les Français restent viscéralement attachés à leur système de protection sociale mais ils exigent sa mutation profonde. À l’approche des prochaines échéances électorales, l’enjeu est devenu politique : 85 % des citoyens affirment que les propositions de santé pèseront de manière décisive dans leur vote.

L’accès aux soins : une urgence qui persiste

Malgré une timide amélioration, le parcours de soins reste un parcours d’obstacles. En 2026, 82 % des Français peinent encore à obtenir un rendez-vous chez un spécialiste. Cette tension persistante engendre un signal d’alarme social : 77 % des assurés ont renoncé à des soins cette année, principalement par manque de professionnels ou pour des raisons financières. De plus, avec 87 % du territoire classé en désert médical, l’efficience n’est plus une option. C’est une nécessité. Il faut mieux coordonner les parcours, renforcer les soins de proximité et s’appuyer davantage sur les recommandations scientifiques pour, notamment, désengorger les hôpitaux.

Financement : le défi de la transparence et de la solidarité

Les difficultés d’accès aux soins s’inscrivent, de plus, dans un contexte financier préoccupant. De fait, 8% des Français estiment que le déficit de la Sécurité sociale menace sa pérennité et 90% craignent une dégradation des remboursements. La question du financement est d’autant plus sensible que les transferts de dépenses de l’Assurance maladie vers les complémentaires santé peuvent, sans action sur le coût global des soins, se traduire par une hausse des cotisations.
Par ailleurs, le Carnet de santé révèle un décalage frappant entre perception et réalité : les Français estiment le coût annuel de leurs dépenses de santé à 1 755 €, alors qu’il dépasse en réalité 3 700 €. Pour 84 % d’entre eux, la transparence sur ces coûts apparait indispensable. Elle permettrait de responsabiliser les acteurs et de pérenniser le système. Face à l’urgence budgétaire, 80% des sondés évoquent également la nécessité de renforcer les contrôles contre les fraudes.

Prévenir plutôt que subir

En matière de prévention,  la France accuse un retard structurel : elle ne consacre que 2,3 % de son budget santé à la prévention, contre 3,7 % pour la moyenne européenne. C’est pourquoi, elle doit prendre une place plus importante dans les politiques de santé. En cette année 2026, où la santé mentale est érigée en Grande cause nationale, les chiffres interpellent : 13 millions de personnes sont touchées par des troubles psychiques. La jeunesse est en première ligne : 25 % des 15-29 ans présentent des symptômes dépressifs, un chiffre qui grimpe à 50 % chez les plus précaires.
Prévenir, c’est également agir sur les facteurs environnementaux. 89 % des Français se disent préoccupés par la qualité de leur alimentation, une progression de huit points en deux ans. Pesticides, perturbateurs endocriniens et pollution de l’air figurent aussi parmi les enjeux identifiés pour mieux préserver la santé des populations.

La confiance, condition de partage des données

Le Carnet de santé met également en lumière une évolution des perceptions autour des données de santé. 83 % des Français estiment que leur partage peut contribuer à faire progresser la recherche médicale et améliorer la santé de tous. C’est onze points de plus qu’en 2017. Cette adhésion repose toutefois sur la confiance. Pour gérer ces données sensibles, les Français accordent prioritairement leur confiance aux professionnels de santé (93 %), devant les hôpitaux (85 %), la Sécurité sociale (75 %) et les mutuelles (63 %).

Anticiper le vieillissement et la perte d’autonomie

Enfin, le vieillissement de la population constitue un autre défi majeur pour notre modèle de protection sociale. Les Français identifient trois priorités : prévenir la perte d’autonomie, mieux accompagner les aidants et permettre à chacun de rester chez soi le plus longtemps possible. Trois quarts se déclarent ainsi favorables à une assurance dépendance généralisée. Alors que la France pourrait compter 700 000 personnes supplémentaires en perte d’autonomie d’ici 2050, 68 % des Français ne se sentent pas en capacité d’en assumer seuls le coût. L’enjeu est également financier pour les générations futures : 60 % pensent que leur niveau de vie à la retraite sera inférieur à celui de l’ensemble de la population, tandis que 58 % n’ont pas encore commencé à épargner.

Les enseignements du Carnet de santé 2026 prolongent les travaux engagés dans le cadre des États généraux de la santé et de la protection sociale (EGS), lancés par la Mutualité Française et ses partenaires en novembre 2025. De la parole des citoyens au diagnostic, puis du diagnostic aux solutions, une même ambition se dessine : à l’approche des prochaines échéances électorales, faire de la santé et de la protection sociale un enjeu central du débat public et construire, ensemble, des propositions pour l’avenir.

Lire le communiqué de presse
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5 Chiffres clés

  • 85 % : La part des Français pour qui les propositions des candidats en matière de santé pèseront de manière décisive dans leur choix de vote
  • 77 % : Le taux de citoyens ayant renoncé à des soins médicaux au cours des douze derniers mois, principalement par manque de professionnels disponibles
  • 3 700 € : Le coût annuel moyen réel de la santé par habitant en France, sous-estimé de plus de moitié par les usagers (qui l’évaluent à 1 755 €)
  • 13 millions : Le nombre de personnes touchées chaque année en France par des troubles de la santé mentale, érigée en Grande cause nationale en 2025 et 2026
  • 700 000 : Le nombre estimé de personnes supplémentaires qui entreront en situation de perte d’autonomie d’ici 2050, accentuant l’urgence d’une réforme du grand âge.