Nos positions en santé

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La Mutualité Française milite pour un droit à la santé pour tous. En effet, de plus en plus de personnes renoncent à des soins ou les reportent pour des raisons financières. Par ailleurs, les complémentaires santé, indispensables pour diminuer les dépenses restant à la charge des patients, deviennent inaccessibles pour certains. En cause : les taxes qui surenchérissent leur coût.

La Mutualité Française dénonce le système actuel. Pouvoir se soigner correctement n’est ni un luxe, ni un privilège. Bénéficier d’une complémentaire santé solidaire n’est pas un signe extérieur de richesse. C’est un droit.

Un système de prise en charge déficient

Si le régime obligatoire couvre encore presque 77% de la dépense globale de santé, il s’agit surtout de la prise en charge des affections de longue durée (ALD). Pour les autres dépenses de soins (hors hospitalisation), la part de l’assurance maladie obligatoire est réduite à 50% en moyenne de la dépense globale.

Cette situation est aggravée par le système de prix « libres » qui conduit des professionnels de santé à appliquer des dépassements d’honoraires parfois très élevés. En Poitou-Charentes, près de la moitié des praticiens libéraux exerçant dans un établissement d’hospitalisation privée pratiquent des dépassements supérieurs de plus de 50% au tarif de responsabilité de la sécurité sociale.

Dans ce contexte de coûts toujours plus importants, 29% des français déclarent avoir renoncé à se soigner en 2011, contre 13% en 2010, faute d’avoir pu conserver leur mutuelle ou parce que les frais qui restent à leur charge sont devenus trop importants.

Des taxes sur le droit à la santé !

Depuis quelques années, les mutuelles, bien qu’étant devenues indispensables pour accéder aux soins, sont soumises à de nouvelles taxes ou à des augmentations de taxes déjà très importantes. L’Etat a ainsi décidé de faire payer les mutualistes à sa place pour alimenter le Fonds CMU qui, comme son nom l’indique, finance la Couverture Maladie Universelle (CMU) et l’Aide à l’Acquisition d’une Complémentaire Santé (ACS).

Des inégalités sociales et territoriales qui s’accroissent

A ces difficultés financières d’accès aux soins s’ajoutent des difficultés d’ordre social ou territorial qui créent de profondes inégalités d’accès à la santé, mettant en péril la solidarité qui est le fondement de notre système de protection sociale. Aujourd’hui l’état est impuissant face aux inégalités sociales de santé.

Dans ce contexte d’une pression fiscale toujours plus forte sur les mutuelles et donc de diminution du pouvoir d’achat de plus de la moitié des Français, nombreux sont ceux qui sont contraints de renoncer à certains soins parce qu’ils ne peuvent pas assumer, sans mutuelle, les dépenses qui restent à leur charge.

Les solutions de la Mutualité Française

Les mutuelles, unies au sein de la Mutualité Française, se tournent vers l’Etat afin qu’il lance une véritable réforme du système de santé. Les mutuelles sont prêtes à s’engager aux côtés de l’assurance maladie obligatoire et avec les professionnels de santé pour construire et conforter un système qui garantirait l’accès à la santé pour tous.  La Mutualité Française définit trois objectifs prioritaires :

  • Renforcer le rôle du médecin traitant

Il faut réorganiser les soins autour du médecin traitant dans une logique de médecine préventive centrée sur le patient, et privilégier les soins ambulatoires. L’accès au médecin traitant doit aussi être facilité par la dispense d’avance des frais.

  • Lutter contre les restes à charge des malades

Face aux difficultés financières engendrées par les dépassements d’honoraires ou certains tarifs non régulés, nous devons mettre en œuvre des tarifs opposables, accessibles à tous. Pour une meilleure prise en charge des frais de santé de leurs adhérents, les mutuelles santé souhaitent des conventions avec les professionnels de santé ou les établissements de soins.

  • Instaurer un droit à la complémentaire santé solidaire, de qualité et à un prix accessible pour tous

Depuis la mise en place de la CMU, les mutuelles sont indispensables pour permettre au plus grand nombre d’accéder à des soins de qualité. Or il est de plus en plus difficile de disposer d’une mutuelle ou de la conserver pour une personne fragilisée socialement (perte d’emploi, séparation, départ en retraite). Ce droit permettra de garantir l’accès à une mutuelle à tous les âges de la vie.