Baromètre santé-social 2025 : zoom sur les 12 départements néo-aquitains

Baromètre santé social 2025 : état des lieux dans tous les départements de Nouvelle-Aquitaine

Santé et action sociale : portrait des 12 départements de la Nouvelle-Aquitaine, issu de la 3e édition du baromètre de la Mutualité Française et l’Association des Maires de France et des présidents d’intercommunalités (AMF)

Dans le domaine de la santé et de l’action sociale, la Nouvelle-Aquitaine présente globalement de nombreux atouts. Néanmoins, à l’échelle locale, des disparités marquées se dessinent. Panorama, département par département.

Fin 2025, la Fédération nationale de la Mutualité Française (FNMF) et l’Association des Maires de France et des présidents d’intercommunalités (AMF) ont publié leur troisième édition du baromètre santé-social. Ce travail dresse un état précis des grands enjeux de santé et d’action sociale en France, avec un éclairage spécifique sur chaque département de Nouvelle-Aquitaine.

Charente : pénurie de généralistes et de moyens en santé mentale

S’agissant des soins de premiers recours, la Charente fait face à de fortes tensions. En 2025, on y recense moins de 128 médecins généralistes pour 100 000 habitants, contre près de 146 en France. De plus, les moyens en santé mentale sont également nettement insuffisants. Ainis, pour 100 000 habitants, le territoire ne compte que seulement 13 psychiatres en moyenne (contre 19 au niveau national), 4 centres médico-psychologiques (contre 6) et 103 psychologues, dont un seul engagé dans le dispositif « Mon soutien psy ». Si le nombre de pédopsychiatres est comparable à la moyenne nationale, l’offre reste insuffisante pour les jeunes, avec seulement 11 maisons des adolescents pour 100 000 jeunes de 11 à 25 ans, contre 18 en France.
Autre indicateur préoccupant : la qualité de l’eau. En 2023, seuls 56 % des Charentais ont bénéficié toute l’année d’une eau conforme aux normes de qualité contre 75 % en France, soit une chute de 17 points depuis 2021 (8 en France).
Malgré ces difficultés, la Charente conserve de réels atouts. Près de 73 % des médecins généralistes participent à la permanence des soins, contre 40 % au niveau national. Le territoire offre également de bonnes capacités d’accueil pour la petite enfance (67 places pour 100 enfants contre 61) et pour les seniors (135 places pour 1 000 personnes de 75 ans et plus contre 111).

Charente-Maritime : des atouts solides mais une dégradation alarmante de la qualité de l’eau

La Charente-Maritime bénéficie d’une offre médicale globalement satisfaisante, notamment en médecine générale. Le département compte, en effet, 183 médecins généralistes pour 100 000 habitants, bien au-dessus de la moyenne nationale (146). Cette densité médicale a toutefois un revers : seuls 32 % des généralistes participent à la permanence des soins en dehors des horaires d’ouverture des cabinets. C’est le taux le plus faible de la région. Du côté de la santé mentale, les ressources disponibles sont globalement comparables à celles observées sur l’ensemble du territoire français.
Autre motif de satisfaction : la petite enfance. Avec plus de 73 places d’accueil pour 100 enfants de moins de 3 ans, la Charente-Maritime affiche la capacité régionale la plus élevée, bien supérieure à la moyenne nationale (61). À l’opposé, l’hébergement des seniors reste insuffisant avec 102 places pour 1 000 personnes de 75 ans et plus, contre 110 en France.
Le sujet le plus alarmant concerne l’eau. En 2023, seuls 22 % des habitants ont bénéficié toute l’année d’une eau conforme aux normes de qualité, contre 80 % deux ans plus tôt.

Corrèze : un réel déficit de moyens en santé mentale

La Corrèze présente une situation globalement satisfaisante en matière d’accès aux soins. De fait, en 2025, la densité de médecins généralistes s’avère légèrement en deça de la moyenne nationale avec 142 médecins pour 100 000 habitants, contre près de 146 en France. En contrepartie, l’engagement des médecins pour assurer la permanence des soins en dehors des heures d’ouverture de cabinet demeure élevé : 71 % de de volontaires contre 40% en moyenne sur l’ensemble de la France. Le principal point de fragilité concerne la prise en charge des troubles psychiques. En effet, si le département affiche la plus forte densité régionale de pédopsychiatres (6 pour 100 000 jeunes de moins de 15 ans, contre 2 au niveau national), il accuse un retard marqué en psychiatres, psychologues, centres médico-psychologiques et maisons pour adolescents.
La Corrèze dispose, en revanche, de capacités d’accueil élevées pour les seniors (124 places pour 1 000 personnes de 75 ans et plus contre 111 au niveau national) et, surtout, pour les adultes en situation de handicap (24 places pour 1 000 personnes de 20 à 59 ans contre seulement 8 en France). Enfin, la qualité de l’eau est également un point fort, avec 97 % de la population bénéficiant, toute l’année, d’une eau conforme aux normes de qualité, contre 75 % seulement en France.

Creuse : un redressement impressionnant de l’accès aux soins

Le retournement est spectaculaire. En 2023, trouver un médecin généraliste relevait encore du défi. Deux ans plus tard, la situation a radicalement changé. La Creuse dispose maintenant de 179 médecins généralistes pour 100 000 habitants (146 en moyenne en France), soit une hausse de près de 32 %, la plus forte de Nouvelle-Aquitaine. Cette dynamique n’a en rien entamé l’engagement des professionnels. En effet, la Creuse reste le département néo-aquitain le plus mobilisé pour la permanence des soins avec 77 % de généralistes volontaires, contre 38 % en moyenne nationale. Côté santé mentale, malgré un déficit en psychiatres et pédopsychiatres, le territoire tire également son épingle du jeu. Au niveau régional, il détient, notamment, plusieurs records : celui de la densité la plus élevée de centres médico-psychologiques (11 pour 100 000 habitants) et de maisons pour adolescents (65 pour 100 000 jeunes de 11 à 25 ans). 
Concernant les autres indicateurs, on notera que la qualité de l’eau reste excellente. Enfin, si la Creuse peine un peu à accueillir les enfants en bas âge (58 places pour 100 enfants de moins de 3 ans contre 61 en France), elle affiche toujours la plus forte capacité d’accueil pour les aînés de toute la Nouvelle-Aquitaine (155 places pour 1 000 personnes de 75 ans et plus contre 111 en France). Enfin, elle dispose aussi d’une offre solide pour les adultes en situation de handicap, avec 16 places pour 1 000 habitants de 20 à 59 ans, soit le double de la moyenne française.

Dordogne : un accès aux soins sous tension mais une nette amélioration de la qualité de l’eau

En Dordogne, l’accès aux soins reste fragile. Le nombre de médecins généralistes, en baisse depuis 2018, demeure inférieur à la moyenne nationale, avec 133 généralistes pour 100 000 habitants en 2025 contre 146 en France. Un point positif toutefois : l’engagement des praticiens. En effet, 73 % des généralistes contribuent à la permanence des soins, un taux largement supérieur à la moyenne nationale (40 %). Concernant les moyens dédiés à la santé mentale, le département présente des fragilités. Il souffre, notamment, d’un manque de professionnels spécialisés, avec seulement 13 psychiatres pour 100 000 habitants contre 19 en France, 10 maisons pour adolescents pour 100 000 jeunes contre 18 en moyenne, et une pénurie marquée de pédopsychiatres.
La Dordogne affiche néanmoins une capacité d’accueil supérieure à la moyenne nationale pour les publics fragiles. Elle dispose de 120 places pour 1 000 personnes de 75 ans et plus, contre 111 en France, ainsi que de 12 places pour 1 000 adultes en situation de handicap âgés de 20 à 59 ans, contre 8 au niveau national. Son principal point faible concerne l’accueil de la petite enfance. Avec seulement 57 places pour 100 enfants de moins de 3 ans, la Dordogne présente l’offre la plus faible de toute la Nouvelle-Aquitaine.
Enfin, le département peut se féliciter d’une amélioration spectaculaire de la qualité de l’eau. Alors que la situation s’est globalement dégradée en France, la part des Périgordins disposant toute l’année d’une eau conforme aux normes est passée de 79 % en 2021 à 98 % en 2023, soit un gain de 12 points en deux ans.

Gironde : la plus forte densité de psychiatres et de psychologues

En Gironde, l’accès aux soins de premiers recours n’est pas un problème. On compte 177 médecins généralistes pour 100 000 habitants, soit une densité nettement supérieure à la moyenne nationale (146). Si le volontariat des praticiens pour assurer la permanence des soins en dehors des horaires de cabinet est légèrement inférieur à celui observé dans la plupart des autres départements de Nouvelle-Aquitaine, il demeure au-dessus de la moyenne nationale, avec 49 % de généralistes volontaires, contre 40 % en France.
C’est surtout en matière de santé mentale que la Gironde se distingue. Bien que le nombre de centres médico-psychologiques et de maisons pour adolescents y soit inférieur à la moyenne nationale, le département affiche la plus forte densité régionale de psychiatres, avec 35 professionnels pour 100 000 habitants, contre 19 en moyenne en France. Il se classe également en tête pour la densité de psychologues, avec 134 pour 100 000 habitants, contre 103 au niveau national. La Gironde détient, en outre, le record régional de psychologues adhérant au dispositif « Mon soutien psy » avec 8 professionnels pour 100 000 habitants, soit le double de la moyenne française.
En matière d’accueil, l’effort en faveur de la petite enfance est marqué. Le département propose 68 places pour 100 enfants de moins de trois ans, contre 61 en moyenne en France. En revanche, l’offre destinée aux adultes en situation de handicap demeure insuffisante : seulement 7 places pour 1 000 habitants âgés de 20 à 59 ans, contre 11 au niveau régional et 8 au niveau national.
Dernier point positif : la qualité de l’eau. De fait, 98 % des Girondins bénéficient d’un accès constant à une eau conforme aux normes, contre 75 % en moyenne sur l’ensemble du territoire national.

Landes : une capacité d’accueil insuffisante pour les personnes en situation de handicap et, surtout, pour les seniors

Dans les Landes, l’accès aux soins ne pose pas de difficulté majeure. De fait, le département compte 174 médecins généralistes pour 100 000 habitants, une densité supérieure à la moyenne nationale (146). Par ailleurs, si le nombre de maisons pour adolescents s’avère insuffisant, les moyens dédiés à la santé mentale sont globalement solides. Les Landes disposent, notamment, d’une densité élevée de centres médico-psychologiques, avec 9 structures pour 100 000 habitants, ainsi que d’un nombre de psychologues engagés dans le dispositif « Mon soutien psy » nettement supérieur à la moyenne nationale.
Le principal point faible du département concerne toutefois l’accueil des publics les plus fragiles, les adultes en situation de handicap et, surtout, les seniors. Avec moins de 92 places pour 1 000 personnes de 75 ans et plus, contre près de 110 au niveau national, les Landes affichent la capacité d’accueil la plus faible de Nouvelle-Aquitaine pour cette tranche d’âge.
À l’inverse, le territoire se distingue par l’excellente qualité de son eau. En 2023, 100 % des Landais ont bénéficié, toute l’année, d’une eau conforme aux normes en vigueur.

Lot-et-Garonne : le département le plus dépourvu de médecins généralistes

Consulter un médecin généraliste reste compliqué en Lot-et-Garonne. En effet, le département enregistre la plus forte baisse d’effectifs de la région. Avec près de six points de recul depuis 2023, il affiche désormais la densité la plus faible de généralistes : 116 médecins pour 100 000 habitants, contre 146 en moyenne en France. Un point positif néanmoins : malgré un léger recul, l’engagement des praticiens pour assurer la permanence des soins en dehors des heures d’ouverture des cabinets demeure élevé (77 % de médecins volontaires contre seulement 40 % au niveau national). Le Lot-et-Garonne affiche également des moyens insuffisants pour la prise en charge des troubles psychiques. En effet, il ne compte que 12 psychiatres pour 100 000 habitants  (19 en moyenne en France) et 14 maisons pour adolescents pour 100 000 jeunes de 11 à 25 ans, contre 18 au plan national.
En matière d’action sociale, les capacités d’accueil pour la petite enfance, les seniors et les adultes en situation de handicap se situent globalement dans la moyenne nationale, sans déséquilibre majeur.
Le véritable point fort du Lot-et-Garonne concerne l’eau. Le département est celui qui a réalisé les progrès les plus marqués de la région : en 2023, 94 % des habitants ont bénéficié toute l’année d’une eau conforme aux seuils autorisés en pesticides, contre seulement 66 % en 2021.

Pyrénées-Atlantiques : densité record de généralistes mais un accueil des seniors à renforcer

Les Pyrénées-Atlantiques offrent un cadre de vie particulièrement favorable en matière de santé. Le département affiche la plus forte densité de médecins généralistes de la région, avec 206 praticiens pour 100 000 habitants, contre moins de 146 en moyenne en France. Cette abondance de professionnels explique un taux de volontariat pour la permanence des soins plus faible que dans la plupart des autres départements de Nouvelle-Aquitaine, mais toujours légèrement supérieur à la moyenne nationale.
Le territoire se distingue également par la richesse de son offre en santé mentale. Les ressources en psychiatres et pédopsychiatres, en psychologues — notamment ceux engagés dans le dispositif « Mon soutien psy » — ainsi que le nombre de maisons pour adolescents sont nettement supérieurs aux moyennes nationales.
Le département dispose par ailleurs d’une bonne capacité d’accueil pour la petite enfance et pour les adultes en situation de handicap. Son talon d’Achille : l’hébergement des seniors. Avec moins de 96 places pour 1 000 personnes âgées de 75 ans et plus contre 111 au plan national, l’offre compte parmi les plus faibles de la région.
Enfin, les Pyrénées-Atlantiques se distinguent par une qualité de l’eau irréprochable. En 2021 comme en 2023, 100 % de la population a bénéficié, toute l’année, d’une eau conforme aux normes en vigueur.

Deux-Sèvres : de nombreux voyants au rouge

Malgré une légère amélioration, l’accès aux soins reste très tendu dans les Deux-Sèvres. Le département ne compte qu’un peu plus de 123 médecins généralistes pour 100 000 habitants, un niveau nettement inférieur à la moyenne nationale qui s’établit à 146. Un point positif toutefois : l’engagement des praticiens demeure élevé. En effet, 70 % des généralistes sont volontaires pour assurer la permanence des soins en dehors des horaires de cabinet, contre un peu plus de 40 % en moyenne en France. Les difficultés sont en revanche marquées en santé mentale, avec un manque important de psychiatres (seulement 11 pour 100 000 habitants contre 19 en moyenne en France), de pédopsychiatres et de maisons pour adolescents. Seul élément favorable dans ce domaine, la densité de psychologues atteint 107 pour 100 000 habitants, légèrement au-dessus de la moyenne nationale (103).
Le véritable point fort du département réside dans sa capacité d’accueil des publics les plus fragiles. Les Deux-Sèvres disposent de plus de 70 places pour 100 enfants de moins de trois ans, contre 61 en France, de près de 148 places pour 1 000 personnes âgées de 75 ans et plus, contre moins de 110 au niveau national, ainsi que de 10 places pour 1 000 adultes en situation de handicap âgés de 20 à 59 ans, contre 8 en moyenne en France.
En revanche, le signal d’alerte majeur concerne l’eau. De fait, en 2023, seuls 26 % des habitants ont eu accès toute l’année à une eau respectant les normes de qualité contre 99 % en 2021. Il s’agit de la plus forte dégradation observée, avec une chute spectaculaire de 73 points.

Vienne : des atouts solides mais une dégradation alarmante de la qualité de l’eau

Dans la Vienne, l’accès aux soins apparaît globalement satisfaisant. Le département compte 157 médecins généralistes pour 100 000 habitants, un niveau supérieur à la moyenne nationale (146). Il se distingue également par l’engagement élevé des praticiens : 70 % d’entre eux sont volontaires pour assurer la permanence des soins, contre 40 % en France. Concernant les moyens dédiés à la santé mentale, la Vienne dispose d’un nombre confortable de psychiatres (23 pour 100 000 habitants contre 19 en moyenne nationale), de psychologues (126 contre 103) et de centres médico-psychologiques (11 pour 100 000 habitants contre 9 en France). En revanche, le département affiche un manque important de pédopsychiatres . Idem concernant les maisons pour adolescents : avec seulement 5 structures pour 100 000 jeunes de 11 à 25 ans, il affiche le taux le plus faible de la région.
En matière d’accueil des publics fragiles, la Vienne n’a pas à rougir. Le département propose 11 places pour 1 000 adultes en situation de handicap âgés de 20 à 59 ans contre 8 au niveau national, et plus de 149 places pour 1 000 personnes âgées de 75 ans et plus, contre moins de 110 en moyenne en France.
Le vrai point de préoccupation concerne l’eau. Alors qu’en 2023, 75 % de la population française a pu bénéficié, toute l’année, d’une eau conforme aux normes de qualité, ce taux chute à 19 % dans la Vienne (contre 67 % en 2021).

Haute-Vienne : une situation très enviable

La Haute-Vienne demeure un département privilégié en matière d’accès aux soins. En 2025, elle compte près de 166 médecins généralistes pour 100 000 habitants, une densité nettement supérieure à la moyenne nationale, établie à moins de 146. Le département se distingue également par l’engagement de ses praticiens. En effet, le taux de volontariat pour assurer la permanence des soins en dehors des horaires de cabinet a connu la plus forte progression de la région, passant de 53 % en 2022 à 75 % en 2024, contre 40 % en moyenne en France. Les moyens en santé mentale sont également solides. La Haute-Vienne affiche une densité élevée de psychiatres, avec 29 professionnels pour 100 000 habitants contre 19 au niveau national, ainsi qu’un nombre important de centres médico-psychologiques (9 pour 100 000 habitants, contre 6 en France). L’offre en psychologues et en maisons pour adolescents se situe, quant à elle, à un niveau proche de la moyenne nationale.
Autre source de satisfaction : la qualité de l’eau, désormais irréprochable. En 2023, 100 % de la population a bénéficié, toute l’année, d’une eau conforme aux normes en vigueur.
Enfin, le département dispose d’une capacité d’accueil confortable pour les adultes en situation de handicap, avec 14 places pour 1 000 habitants âgés de 20 à 59 ans, contre 8 en moyenne en France. Des efforts restent toutefois à poursuivre en matière d’accueil de la petite enfance et des seniors.

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