Baromètre santé-social 2025 : la Nouvelle-Aquitaine plutôt bien lotie

Baromètre santé social 2025 : portrait Nouvelle-Aquitaine

A partir de données publiques, la 3ᵉ édition du baromètre dresse un nouvel état des lieux sur les grands sujets de préoccupation des Français en matière de santé et d'action sociale. Elle met également en évidence les initiatives des mutualistes et des municipalités.

Fin 2025, la Mutualité Française et l’Association des Maires de France et des présidents d’intercommunalités (AMF) ont présenté la troisième édition du baromètre santé-social. La situation de la Nouvelle-Aquitaine reste très enviable. Toutefois, certains départements présentent aussi de grandes fragilités. Explications.

Médecins généralistes : seuls 4 départements néo-aquitains sous la moyenne nationale

Au 1ᵉʳ janvier 2025, la France compte en moyenne un peu moins de 146 médecins généralistes pour 100 000 habitants, un chiffre stable par rapport à 2023. La Nouvelle-Aquitaine s’en sort mieux avec 157 médecins pour 100 000 habitants. Toutefois, la répartition reste très inégale. Les Pyrénées-Atlantiques sont le département le mieux doté avec 206 généralistes tandis que le Lot-et-Garonne s’avère, désormais, le plus dépourvu avec 116 médecins contre 123,5 en 2023. La Creuse, en revanche, enregistre un redressement spectaculaire avec près de 179 médecins, soit une progression de 32 % depuis 2023.

Permanence des soins non programmés : des généralistes très engagés

En dehors des heures d’ouverture des cabinets, la permanence des soins non programmés repose sur le volontariat des médecins. Ainsi, en 2024, sur l’ensemble du territoire, 40% des médecins ont répondu favorablement. Avec 63% de médecins volontaires et pas moins de 11 départements affichant un taux supérieur à la moyenne nationale, les Néo-aquitains peuvent clairement se considérer privilégiés. Véritable fierté, la Creuse conserve la tête du classement avec 77% de volontaires. À l’opposé, avec seulement 32 %, la Charente-Maritime fait triste figure. En revanche, elle compte l’une des plus fortes densités médicales de la région (184 médecins généralistes pour 100 000 habitants).

Santé mentale : de fortes disparités territoriales en termes de moyens

La Nouvelle-Aquitaine se singularise par un nombre élevé de psychologues : 109 contre seulement 103 pour 100 000 habitants. Pour le reste, globalement, elle dispose de moyens proches de la moyenne nationale en matière de santé mentale. En effet, pour 100 000 habitants, elle recense environ 18 psychiatres4 psychologues participant au dispositif « Mon soutien psy » et 7 centres médico-psychologiques (CMP). Elle bénéficie également de 2 pédopsychiatres en moyenne pour 100 000 jeunes de moins de 25 ans et de 4 maisons pour adolescents pour 100 000 jeunes de 11 à 25 ans. Cet état des lieux cache, toutefois, de nouveau de fortes disparités territoriales. Ainsi, pour trouver de l’aide, mieux vaut résider en Gironde qu’en Corrèze. De même, le nombre de maisons pour adolescents varie fortement d’un territoire à l’autre. La Creuse bat tous les records : 65 maisons contre 4 en moyenne au plan régional et national. Tout en bas du classement, la Vienne n’en affiche que 5.

Accueil des jeunes enfants : les parents néo-aquitains plutôt chanceux

En 2022, tous modes de garde confondus, la France disposait d’environ 1,3 million de places d’accueil pour les enfants de moins de 3 ans, soit 60 places pour 100 enfants de cet âge. Dans la région, la situation est globalement plus favorable. En effet, dans la moitié des départements, les jeunes parents bénéficient d’une offre plus généreuse. La Charente-Maritime se distingue particulièrement. Avec 73 places pour 100 enfants, il est clairement plus facile de faire garder son tout-petit. À l’inverse, la situation est plus compliquée en Dordogne : seulement 57 places pour 100 enfants, en légère baisse par rapport à 2020.

Accueil des 75 ans et plus : plus de places et des tarifs plus accessibles

En France, la population des 75 ans et plus augmente. Malheureusement, le nombre de places disponibles dans les structures d’accueil dédiées continue de chuter. Ainsi, en 2023, le pays comptait un peu moins de 110 places pour 1 000 personnes âgées de 75 ans. Il y en avait 124 en 2018. La Nouvelle-Aquitaine se démarque à nouveau positivement : 7 départements offrent une capacité supérieure à la moyenne nationale. Malgré une légère baisse depuis 2021, la Creuse reste en tête avec près de 155 places. Les Landes sont bon dernier avec seulement 92 places.
Côté tarifs, les Ehpad de la région affichent des prix relativement attractifs. En effet, pour les chambres habilitées à l’aide sociale d’hébergement (ASH), les prix journaliers sont partout inférieurs à la moyenne nationale (60 € en moyenne sur la région contre 64 €). Les Deux-Sèvres se distinguent avec le prix le plus bas : 55 € par jour. Pour les chambres non habilitées à l’ASH, la moyenne régionale reste également inférieure à la moyenne nationale (85 € contre un peu plus de 90 €). Toutefois, les écarts entre départements sont plus marqués : 67 € dans les Landes contre 108 € en Corrèze.

Accueil des adultes handicapés : davantage de places en Nouvelle-Aquitaine

Depuis 2004, le nombre de places pour les adultes en situation de handicap a plus que doublé en France pour atteindre 8 places pour 1 000 adultes, fin 2023. Avec une moyenne de 11 places, la Nouvelle-Aquitaine fait nettement mieux dans quasi tous les départements. Mais, là encore, les disparités demeurent : les Landes n’en disposent que de 7, tandis que la Corrèze en offre 24.
Par ailleurs, les Maisons Départementales des Personnes Handicapées (MDPH) disposent d’un délai légal de 4 mois pour instruire les dossiers qu’elles reçoivent. Dans les faits, c’est souvent plus. Il faut plutôt tabler sur un délai moyen de 4,6 mois. La région Nouvelle-Aquitaine est globalement bonne élève (4,1 mois) mais, à nouveau, avec de fortes disparités. En effet, seulement un peu plus de 2 mois seront nécessaires dans les Deux-Sèvres tandis qu’il faudra attendre 7 mois en Dordogne.

Qualité de l’eau : situation alarmante dans quelques départements 

Désormais, 72 % des Français se déclarent préoccupés par les facteurs environnementaux et leur impact sur la santé. À ce titre, la qualité de l’eau reste un sujet sensible. En 2023, seulement 75 % des Néo-aquitains ont été alimentés, toute l’année, par une eau respectant les normes de qualité. Ils étaient 87% en 2021, soit une baisse de 12 points, contre 8 au niveau national. Malgré tout, dans 7 départements néo-aquitains, le pourcentage de la population ayant accès à une eau n’ayant pas dépassé le seuil de pesticides autorisé, reste nettement supérieur à la moyenne nationale. Autre point positif, la situation s’est fortement redressée en Lot-et-Garonne. En effet, en 2023, 94 % de la population a pu bénéficier, toute l’année, d’une eau de qualité contre seulement 66 % en 2021. En revanche, les Deux-Sèvres et la Charente-Maritime enregistrent une détérioration alarmante avec respectivement 21 % et 22 % des habitants contre 99 % et 80 % en 2021. Pour finir, la Vienne devient le département où la situation s’avère la plus critique (19 % de la population, soit une baisse de 48 points depuis 2021).

À lire également :

• 3e édition du baromètre santé-social : l’AMF et la Mutualité Française alertent sur la persistance des inégalités sociales et territoriales et appellent à un engagement collectif
• Baromètre santé social 2025 : zoom sur les 12 départements néo-aquitains